LE P O R T I Q U E CENTRE RÉGIONAL D'ART CONTEMPORAIN DU HAVRE
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François Lewyllie
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Du 05.02.2009 au 03.04.2009

François Lewyllie, né à Lille en 1977. Son travail cultive l’ambiguïté des genres. S’il emprunte son vocabulaire à la culture pop, il tire son sens profond d'un mélange de sérieux et d’autodérision, de rigueur et d’irrévérence, sur un mode toujours subtil et caustique. Poésie, vidéo ou simple coup de crayon, François Lewyllie utilise tous les domaines créatifs pour croquer l’absurde de nos vies contemporaines et éprouver les limites de l’art. Ma femme dit : " Ton travail c'est d'interroger la place de l'artiste dans notre société, son utilité et ce en provoquant le spectateur. Tu pousses celui qui est face à ton travail, au départ persuadé de l'intérêt de l'art, à se poser la question de son utilité et de sa pertinence. Ta démarche voudrait qu'ainsi chacun assume ce doute et en tire des convictions." Je cherche tous les moyens de déstabiliser les certitudes, parfois en me contredisant moi-même, en utilisant des esthétiques différentes, des médiums différents en espérant qu'ils agissent chacun voisin des autres. Je voudrais pousser à grandir dans le doute, à rendre les choses incertaines, surtout sur l'art. Je voudrais pousser à croire que la vie est belle. Je voudrais pousser à faire quitte parfois à faire pour la nécessité de faire. Je ne veux pas changer les perceptions mais juste les déconfortées. J'use de métaphores, d'analogies entre toutes les définitions de l'art aujourd'hui et tous les dessins que nous pourrions faire de l'homme, sans jamais parvenir à être exhaustif, ce n'est pas le but. J'use de comment nous apprenons, des connaissances acquises et de leur valeur (leur véracité), de comment utiliser ce qu'on ne maîtrise pas, de comment un plasticien fait de la musique. Comment agit-il avec des mots ? Résonnent-ils encore ?

Bricoler dans ses dessins, vidéo-performances, diaporamas, chansons, poèmes, l’artiste s’évertue à se montrer digne de l’Art -au sens noble du terme-, à revaloriser la place et le pouvoir de l’artiste dans la société. Et pourtant toute son oeuvre n’est qu’esbroufe, parodie et imposture. Son travail cultive en effet l’ambiguïté des genres. Poésie, vidéo ou simple coup de crayon, François Lewyllie utilise tous les domaines créatifs pour croquer l’absurde de nos vies contemporaines et éprouver les limites de l’art. De bric et de broc, il bricole un univers hétéroclite, sans logique apparente, fait de majorettes juvéniles maniant habilement le bâton, de barbares décapités que rien arrête, de citations proverbiales éculées, de méthodes d’apprentissage amateurs… Pour les esprits en mal de classifications, la ligne directrice du travail de François Lewyllie serait peut-être à trouver dans la diversification au sein d’un même genre, le dessin (dessin appliqué, à la main levée, au feutre… ). Toutes ces variations privilégient l’humilité de moyens. En égrenant ainsi, de façon presque compulsive, les différents styles de dessins, l’artiste s’efforce d’épuiser le Faire. Cette succession de mots écrits d’une main maladroite côtoient une nature morte au crayon et à l’huile et une inscription à main levée Il fallusse que nous nous rencontrions je fais. Seul dénominateur commun à cette composition: le joli coordonné de roses, peut-être aussi le désir de revaloriser la création en tant qu’acte, et de tromper l’ennui. Lewyllie s’attache ainsi aux stéréotypes attachés à la création artistique contemporaine, n’est-ce pas pour mieux débattre de l’art comme acceptation transcendantale, universelle en commençant par l’acceptation de soi-même ? Alexandra Fau Critique d’art 2007