LE P O R T I Q U E CENTRE RÉGIONAL D'ART CONTEMPORAIN DU HAVRE
L P

En cours

Philippe Decrauzat
Still (Times Stand)

Du 30.10.2021 au 09.01.2022
Vernissage le 29.10.2021 à 18:30

Fermé du 24 décembre 2021 au 4 janvier 2022

L’exposition Still (Times Stand) pensée spécifiquement pour le lieu instaure un dialogue entre la peinture et l’architecture du Portique. Sur les deux niveaux se déploient deux ensembles, deux installations mettant en scène des différences, ou ce qui peut être vu comme des oppositions (continu, discontinu, physique, psychique, figure, signe…).

Le titre donné à l’exposition est celui d’une série de peintures commencées en 2019 et « qui rejoue le principe des shaped canvas (toiles découpées) en les soumettant à l’emprunt d’un motif, la croix de Malte, une forme à la symétrie multiaxiale, qui donne aussi son nom à l’élément mécanique du dispositif cinématographique permettant d’introduire un temps d’arrêt dans le mouvement continu de la pellicule, un décrochement rendant possible de projeter un à un chaque photogramme. Les toiles qui composent Still (Times Stand) convoquent alors le moment de délai du passage entre le fixe et le continu. Ce que la peinture rapporte de ses aventures hors de son territoire, ce qu’elle emprunte au monde des signes et des écrans, se trouvent ainsi restitués dans sa forme. » 1

Présentées au deuxième étage, les six peintures (7-8-9-10-11- 12) sont présentées de part et d’autre de l’installation murale cut ! (13). Occupant l’espace intérieur du mur et composée d’une succession de quatre verres, l’ouverture suit le tracé des peintures tout en projetant une salle sur l’autre.

Un groupe de cinq peintures, adoptant également le principe des shaped canvas, est présenté au premier étage (1-2-3-4-5). Elles développent et partagent, à chaque fois, un tracé blanc sur fond noir décrivant une trajectoire. Une circulation dans le format de la peinture comme dérive oculaire. Le regard est contraint, il effectue cette lecture, pris dans une boucle de feedback, sans fin, entre les pleins et les vides. Un rapport optique qui est une proposition, celle pour l’oeil de parcourir une surface découpée à l’extrême, une sorte de travelling qui convoque une histoire des formes; labyrinthes, spirales, ornements … « Je tire le fil d’une histoire connue et la déroule aujourd’hui. Mon travail tisse des références à la fois historiques et contemporaines. Je joue avec l’histoire de la peinture abstraite tout en l’utilisant directement. »

Les peintures sont installées sur une construction intitulée Unfolding (6) composée de trois diagonales qui viennent diviser l’espace dans un double mouvement d’ouverture et de fermeture. Une mise en perspective des motifs qui échappent à une approche uniquement frontale. D’un espace à l’autre se dessine une déambulation, s’élabore une grammaire picturale. Ce circuit visuel qu’a imaginé Philippe Decrauzat révèle un nouvel espace architectural, avec lequel il joue, en faisant un élément majeur de sa proposition artistique. Cette écriture scénographique invite à s’immerger dans l’oeuvre, à s’y perdre, à sonder la présence physique des toiles, provoquant un temps d’arrêt, une suspension pour continuer de « dire quelque chose de la peinture » . Régimes d’attention: défilement, écoulement. Nous sommes désormais non plus dans le temps divisé mais dans le temps des flux et de leur diffusion.

1- Lydie Delahaye in Delay Philippe Decrauzat, 2021.
Éditions Franz & Walther König, Cologne

–> Dossier de presse (1.20 MB)

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